Venise blog

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Archive for March, 2011

Casanova et les prisons des Plombs

March 18, 2011 By: veniceblogger Category: Venise

Dans la ville de Venise, à la hauteur de Rialto, après mille détours par les petits canaux, on débarque depuis le grand canal dans le quai anciennement appelé quai des prisons. De là on croise un pont très haut et fermé, le pont des soupirs, qui donne accès aux terribles prisons des Plombs avec le Palais des Doges au-dessus du canal qui forme la fin de la rivière Canonica, aussi connue comme la rivière du Palais ou la rivière des Prisons.

casanova

C’est là, dans la terrifiante prisons des Plombs, où pour des motifs encore inconnus, le grand Giacomo Casanova a été enfermé sans accusation ni procès à la fin du mois de juillet de 1755. Ils lui saisirent une série de livres suspects, qui paraissait êtres “appropriés pour faire les parfums et les conjurations nécessaires pour établir le dialogue avec toute sorte de démons” et qui le signalaient comme un magicien, ou pour d’autres comme “le petit livre des postures lubriques d´Aretino” qui le condamnait comme libertin sans scrupules, passant par des volumes divers de Horace, Pétrarque et son idole L´Arioste.

La période de quinze mois qu’il passa là-bas enfermé et sa suivante fugue occupent plus de cent pages dans son extraordinaire biographie Histoire de ma vie. Et quand celle-ci a été imprimée, elle avait déjà été publiée quelques années auparavant à Prague (L´Histoire de ma Fuite des Prisons de la République de Venise, qu´on appelle les Plombs écrite à Dux en Bohême l´année 1787) recevant un succès considérable pour l’époque.

C’est une histoire admirable, non seulement pour les intéressants épisodes qui démontrent l’ingéniosité et la détermination de Casanova, première et unique personne à s’être évadé des terribles Plombs, exploit qui lui ouvrirait les portes de toute l’Europe, mais aussi pour la description autant des états d’esprits par lesquels passe une personne privée de liberté, comme pour les réflexions internes auxquels cette situation conduit. Comme lui-même le confesse, on peut dire que son séjour aux Plombs a fait que Casanova, perplexe dans une situation et un lieu où “si le faux paraissait vrai, les réalités devait paraitre des rêves; où le jugement devait perdre la moitié de ses privilèges; où la fantaisie altérée devait convertir la raison en victime d’espérances chimériques ou d’un épouvantable désespoir. Il dirigerait (comme en 1250 l´avait fait Boecio, dont le livre le plus célèbre lui avait été donné à lire plus tard dans sa cellule) ses remarquables facultés mentales vers la culture de la philosophie: “…Pour la première fois de ma vie, à l’âge de 30 ans, j’ai demandé à la philosophie de m’aider, j’avais ses germes dans l’âme mais je n’avais pas encore eu l’occasion de les apprécier et de les utiliser. Je crois que la plupart des hommes meurent sans avoir jamais pensé.”

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C’est dans cet état que Casanova passa ses premiers jours dans les infâmes Plombs, qui maintenant, comme faisant partie du Palais des Doges, peuvent être visités en tant de musée. Après tout il y a toujours eu les meilleurs appartements à Venise

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Le Musée Fortuny de Venise

March 15, 2011 By: veniceblogger Category: Venise

Dans le Campo San Beneto de Venise se trouve le Palazzo Pesaro degli Orfei, un palais de style gothique très ample et ravissant, qui avait appartenu à la famille Pesaro. Aujourd´hui il héberge les dépendances du Musée Fortuny (http://www.museiciviciveneziani.it/frame.asp?pid=5&musid=2&sezione=musei), puisque c´est l´artiste de Grenade Mariano Fortuny y Madrazo ( 1871-1949), artiste tellement universel et cosmopolite qui s´est installé à Paris, épicentre de l´orientalisme, lorsqu´il était encore un enfant, qui l´a transformé en son propre atelier de photographie, peinture et design de textiles, mode, scénographies et lampes de soie d´inspiration orientale.

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Probablement, c´est précisément l´appel de ce qui est oriental, dérivé de l´identification de l´Orient comme une des sources de création, une des raisons les plus importantes pour que Fortuny s´installe à Venise – ville qui, selon Proust, regorge d´Orient – une fois qu´à travers le séjour de Delacroix en Afrique du nord, par exemple, on avait en quelque sorte établi que de cette région procurait d´avantage un certain sentiment de redécouverte du monde ancien (“il pensait trouver l´Orient et il a découvert l´Antiquité encore vivante” selon les mots célèbres du peintre français), que des sensations exotiques associées au Levant et ce qui est au-delà. Et en même temps la conviction de que l´orient contenait en soi, palpitant, un temps de l´humanité qui n´existait plus en Europe.

Le goût de Fortuny pour ce qui est oriental a trouvé de nouvelles voies d´expression et de diffusion en Venise, authentique Byzance au sein de l´Occident, où il s´est installé avec sa famille à l´âge de 18 ans en coïncidant avec un important développement de l´activité industrielle de la ville, en relation directe avec ses facettes d´entrepreneur, industriel et inventeur de nouvelles techniques.
Les témoignages de toute cette activité créative et patronale ahurissante abondent au Musée Fortuny. Malgré son caractère souvent nomade, le palais a été sa résidence pendant plus de 50 ans, mais aussi le lieu où il produisait et vendait ses créations. C´est là où il a commencé une série d´activités qui allaient des plus connues, comme la peinture ou son travail de design de tissus, mode (c´est là qu´il a, par exemple, crée la révolutionnaire robe Delphos) ou ses fameuses lampes, à ses recherches lumino-techniques appliquées au théâtre, où il a mélangé la technologie la plus moderne, y compris la lumière électrique, avec une riche et cultivée culture visuelle – Fortuny a déposé le système de l´illumination indirecte avec un système de coloration et a favorisé la projection de ces lumières de couleurs dans un quart de sphère, la célèbre Coupole Fortuny, au lieu d´un mur plat, en transformant à jamais la scénographie théâtrale.

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Proust, dont Fortuny a été une des figures centrales de son rêve de la ville flottante, a écrit que ses robes et ses tissus avaient la nature de réalités poétiques. Découvrez-le vous même lorsque vous louerez un des appartements à Venise

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Lord Byron à Venise (II)

March 10, 2011 By: veniceblogger Category: Venise

Comme dans sa carte de présentation figure en lettres byzantines dorées la particulière idiosyncrasie de son caractère nébuleusement frontalier entre la réalité et le désire, la veille et le sommeil, l’histoire et la légende, la littérature et la vie, l’Orient et l’Occident, le carnaval et le carême, le terrestre et l’aquatique… peu de lieus pourraient mieux coller avec le caractère de Byron que la ville de Venise.

lord byron venecia

Avant de représenté théâtralement le rôle de chevalier servant de la jeune comtesse tuberculeuse Teresa Guiccioli, d’une légendaire beauté et qui fut convertit postérieurement par Dumas en un personnage dans Le conte de Montecristo. Il tomba immédiatement amoureux dans son premier séjour de Marianna, l’exotique femme de son propriétaire, qui l’ensorcela avec ses yeux (orientales, grands et noirs, avec cette expression particulière qui se trouve rarement chez les européennes, même chez les italiennes, et que les femmes turque obtienne en s’appliquant une tinte sur les paupières) et le son particulier de sa voix quand elle parlait le dialecte vénitien.

Là il simula sa propre mort dans une lettre à John Cam Hobhouse se faisant passé pour William Fletcher, dans sa condition d’aide cameraman et soit disant héraut du tragique événement.

Ensuite il fut fasciné par le Faust de Goethe, en même temps que le vieil écrivain allemand, avec qui il maintenait à ce moment là une intense correspondance, il voyait en lui le “plus grand génie du siècle. Il n’est ni dépassé ni moderne, il est le présent”. En effet Byron était déjà de son vivant toute une légende et Venise (avant qu’il convertisse le splendide Palace Mocenigo, où il résidait, en un somptueux modèle de palace du savoir qui mène, selon William Blake, sur les chemins de l’excès) était une scène incomparable pour son plein éclat.

Selon le consul britannique Hoppner, un des ses meilleurs amis dans la ville et habituel accompagnant de ses nombreuses promenade à cheval dans le Lido, aussitôt qu’il descendait de la gondole pour se rendre à l’endroit où se trouvait les montures, il était reçu par des groupes de curieux des deux sexes qui se réunissaient là pour l’admirer “comme ils le feraient avec une statue dans un musée”.

Le phénomène se produisait quotidiennement dans différents endroits, en effet il était fréquent de voir Byron en public suivie de ses fans et la nuit on le trouvait à La Fenice, où il avait sa propre loge. On pourrait dire que personne ne savait avec certitude si les gens allaient au théâtre pout l’opéra ou pour pouvoir le jour suivant parler de l’aspect de Byron. Selon les dires ce fut précisément dans une loge de l’opéra que les yeux de Stendhal se croisèrent avec ceux de Byron causant une impression inoubliable à l’écrivain français. Cependant on ne sait toujours pas si dans cet endroit il arriva à croisé Turner, qui était dans cette ville vers 1819 pour peindre ses mémorables marines vénitiennes.

Ce fut surement la figure du vénitiens Casanova, dont il se vantait de ressembler dans sa deuxième périodes vénitienne, qui inspira son Don Juan, peut être son livre le plus réussit.

 

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C’est une bonne lecture pour la prochaine fois que tu loueras un des appartements à Venise Marcher dans les rues de Venise en se souvenant de l’inoubliable Lord Byron.

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Lord Byron à Venise (I)

March 08, 2011 By: veniceblogger Category: Venise

Comme sa nature est essentiellement liminal, comme ses domaine amphibie sont des territoires fertiles pour la culture de la couleur et du mythe, ce n’est pas étrange que Lord Bayron (Londres, 22 janvier 1788 – Messolonghi, Grèce, 19 avril 1824), figure qui représentait et comprenait comme personne l’esprit et la mythologie du romanticisme, résida un certain temps à Venise. Il s’y installa à l’âge dangereux de 28 ans, le premier novembre de 1817, le jour après la nuit de l’année où le monde des vivants et celui des morts se rapproche au point de s’embraser sur la bouche.

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Il déclara aussi dans une de ses cartes envoyer à Thomas Moore, que la capitale de la Vénétie était après l’Orient (mais l’orient ne commence t-il pas d’une certaine façon à Venise ?) l’ile la plus verte de son imagination, une ville qui bien qu’il l’ait idéalisée “elle ne m’a pas déçu, bien que sa manifeste décadence pourrait décevoir d’autre personnes. Mais ça fait longtemps que je suis habitué aux ruines et la désolation ne me déplait pas”. Ce n’est pas en vain que son poème Ode à Venise, du même style que Childe Harold, est autant une célébration comme un regret pour sa décadence.

Il a été suggéré une relation entre les séjours de Byron à Venise, ville où il allait et venait pendant ses années en Italie, avec son amitié avec les Shelly, qu’il avait connu en suisse au printemps 1816. Cette amitié engendra non seulement quelques uns des moments les plus mémorables du romanticisme, comme la mythique soirée à la villa Diodati de laquelle surgirent Frankestein de Mary Shelly et Le Vampire de Polidori, deux des œuvres fondamental de la littérature gothique de coupe romantique. Mais aussi le plus saisissant des actes poétiques quand six ans plus tard Byron prit dans sa main le cœur de Shelly, organe qui étrangement c’est sauvé de l’incinération du cadavre sur la plage de Viareggio, et après défiant l’océan, qui lui avait enlevé son ami, en nageant nu contre lui pendant un mille.

Après avoir connu les Shelly, quand ils retournèrent en Angleterre, Byron ne put les suivre. Car il avait laissé derrière lui en terres britanniques un énorme scandale. Non seulement son divorce et sa relation incestueuse avec sa demi sœur Augusta mais aussi toutes ces histoires de satanisme, orgies et boissons servie dans des cranes humains dans sa demeure de Newstead qui avaient été dévoilés par la publication du livre (Glenaryon) d’une de ses amantes rancunière, Lady Caroline Lamb. Venise s’imposa alors comme le lieu parfait pour représenter le drame des échos gnostique de l’exile permanent de l’homme romantique, nostalgique du monde réel auquel il appartient.

Plus tard, au retour des Shelly en Italie, Byron se serait installé au mythique palace Mocenigo (rue Corner 3362) pour être plus proche d’eux. On accusa Byron de transformer le palace en un fastueux et décadent harem depuis lors légendaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’esprit de Byron rôde toujours non seulement dans ce joyau du 16ème siècle mais aussi dans tous les appartements à Venise

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